Quel avenir pour la mobilité urbaine intelligente ?

25th July 2017
Source: NUMA
Posted By : Alice Matthews
Quel avenir pour la mobilité urbaine intelligente ?

D'ici 2030, les villes ne vont cesser de croître. Alors que la demande de mobilité augmente, les réseaux de transport risquent la saturation. Les citadins doivent repenser leur façon de se déplacer. Bonne nouvelle : les startup sont déjà nombreuses à entamer la transition vers une mobilité urbaine intelligente, efficace et durable. A quoi ressembleront les routes de demain ? Si l’on veut éviter que les villes ne se transforment en concert de klaxons, un nouveau modèle de mobilité doit émerger d’ici 2030.

Pour lutter contre la pollution, les embouteillages et les accidents, les startup sont attendues au tournant. Les véhicules partagés payables à la demande et la voiture autonome pourraient se généraliser. La course à l’innovation pour devenir l’Uber de demain est lancée.

L’Uber du futur
Le rythme des innovations dans le domaine des transports s’accélère. Rien qu'au dernier trimestre 2016, 6 milliards d'euros ont été investis dans le monde dans 150 entreprises du secteur, soit davantage que sur l'année 2015 entière.

Longtemps concentré sur la voiture électrique, le marché a pris le virage des véhicules autonomes. Il pourrait représenter plus de 500 milliards d'euros à l'horizon 2035 et fait donc l'objet de toutes les convoitises.

Du haut de ses deux ans d'existence, créée par un designer australien et un chercheur américain de Stanford, la jeune startup Zoox intrigue par la hauteur de ses ambitions : développer une voiture autonome et électrique et proposer dès 2020 un service de taxis partagés qui ringardiserait Uber… La startup est déjà valorisée à plus d’un milliard de dollars.

Fondée en 2014, Zoox a pour ambition de doubler les constructeurs automobiles dans l'élaboration d'une voiture électrique et autonome. La startup est déjà valorisée à 1 milliard de dollars. Son principal concurrent : Tesla

Plutôt que de développer elle-même des véhicules, la startup américaine Drive.AI a elle décidé de miser sur la conception du «  cerveau  » de ces voitures autonomes : issus du prestigieux AI Lab de l'université de Stanford, les fondateurs veulent équiper une flopée de véhicules de covoiturage et de livraison avec des systèmes de vision et de contrôle pour les transformer en voitures sans chauffeur, et développer les outils grâce auxquels la conduite sera plus sûre et plus rapide qu'une conduite humaine. En signant la fin des embouteillages liés aux accidents, ces voitures intelligentes participeraient aussi à l'avènement de villes d'autant plus propres que la conduite automatisée, fluidifiée est moins énergivore.

Exit la voiture individuelle ? 
Mais rassurons les fétichistes du volant : en 2030, la voiture individuelle n’aura pas complètement disparu. La migration vers un système de transport collaboratif et sans conducteur se fera à des degrés différents selon les pays.

Pour les mégalopoles des pays en développement, comme Bombay ou Mexico, qui suffoquent littéralement sous les pots d’échappement, l'enjeu majeur est de désengorger la circulation afin de limiter l'impact environnemental. Restreindre l'accès à la voiture individuelle passera par le développement d’alternatives : un système de transport public performant, et des offres de mobilité partagée attractives.

Daimler, constructeur automobile allemand, imagine une voiture autonome au sein laquelle ses passagers peuvent faire pivoter leurs sièges pour discuter, lire, dormir...

Aux Etats-Unis, pays de la sacrosainte propriété, les villes tentaculaires comme Los Angeles s'acheminent plutôt vers une généralisation de la voiture électrique et sans conducteur, mais sans remettre en cause le principe de voiture personnelle. Les usagers imaginent ainsi pouvoir bientôt passer le temps dans les embouteillages qui paralysent la ville en jouant aux jeux vidéos, ou en lisant leurs mails… Une innovation attendue autant pour son avancée en termes de mobilité verte que pour la liberté laissée au conducteur, devenu passager. 

A Hong Kong, Londres, ou Singapour, il est en revanche plus facile d’imaginer la disparition de la voiture personnelle : les usagers alterneront les modes de transport selon les situations, et grâce à la généralisation de l'autopartage, le nombre de voitures sur les routes pourrait baisser. Et ce alors même que le nombre de déplacements pourrait augmenter, de 20 à 50 % d'ici à 2030. Dans ces villes, 60 % des véhicules pourraient à terme être électriques, dont 40 % de voitures autonomes.

La guerre des bouchons
Développer l’autopartage, c’est répondre en partie au calvaire quotidien de nombreux citadins : les fameux bouchons.

La promesse d’une amélioration compte quand on sait que les conducteurs français ont perdu en moyenne 23 heures par an dans les bouchons. Paris détient le record hexagonal, avec 65 heures de bouchons annuels par automobiliste. Une solution radicale consisterait à prendre un peu de hauteur à bord du Ehang 184, un drone à taille humaine conçu par une entreprise chinoise. Il pourrait permettre de survoler les bouchons à l’heure de pointe. Entièrement électrique, sa vitesse de croisière avoisine les 100 km/h. Il a 25 minutes d'autonomie en vol, de quoi arriver à temps au travail, et se recharge en deux heures. En bonus, pas de souci de parking, ses bras rétractables lui permettent de se garer sur une place de voiture.

Le premier vol du drone-taxi Ehang 184 doit avoir lieu à l'été 2017, dans le ciel de Dubaï

En attendant de pouvoir contempler la ville de haut, les startup s'attèlent à des solutions plus terre à terre. Grâce à Stratasys, géant de l’impression 3D basé en Israël, il sera possible d’« imprimer  » sur mesure des infrastructures alternatives en cas de travaux sur les voies, qui occasionnent beaucoup de ralentissements. Et de réduire ainsi les bouchons pour les usagers. 

Oubliées aussi, les heures à tourner en rond pour trouver une place de parking. La startup californienne SFPark planche sur un système d'algorithme pour optimiser le parking. Elle fait fluctuer le tarif des places de parking en fonction de l'offre et de la demande. Ainsi, les places sont moins chères dans les zones les moins convoitées afin d'encourager les utilisateurs à s'y garer et donc à réduire la demande dans les zones les plus encombrées et polluées.

Une autre technologie pourrait permettre à des réseaux de transport collaboratif sans intermédiaire de voir le jour : la blockchain. Grâce à sa monnaie virtuelle, le « Zooz », qui s'échange entre chauffeurs et passagers, la plate-forme israélienne de transport collaborative La Zooz (se déplacer en Hébreu) propose le même service que le site de covoiturage BlaBlaCar, mais sans intermédiaire.

Même les feux tricolores n’échappent pas au radar des startup. La londonienne Vivacity Labs les a dans le collimateur car ils seraient responsables d'importants ralentissements. Elle a mis au point une technologie qui leur permet de détecter si la circulation est dense, et de la réguler en temps réel en modifiant leur fonctionnement. L’intelligence artificielle devrait également être capable d’accorder la priorité aux véhicules tels que les ambulances, les autobus, et même les vélos, pour éviter la formation de goulots d’étranglement.

Paris-Marseille en 40 minutes
Enfin, une révolution de vitesse se prépare dès aujourd’hui. Pour le prix d'un ticket de métro, l'Hyperloop One né du cerveau visionnaire d'Elon Musk vous offre un voyage à la vitesse sonique. Ce projet de train magnétique propulsé dans un tube sous vide à près de 1 200 km/h a séduit la SNCF, qui, sans en préciser le montant, a participé à une levée de fonds de 80 millions de dollars, avec neuf autres investisseurs. A cette vitesse, cela ramène le trajet Paris-Marseille à 40 minutes contre un peu plus de trois heures aujourd’hui. Plus aucune raison de se refuser une bouillabaisse au soleil.

Sa version Made in France est même à l'étude. Même s’il faut encore attendre cinq ans avant de pouvoir tester la version d’essai, l’universitaire Christian Brodhag travaille sur l’Hyperloop Français qui pourrait relier Lyon et Saint-Etienne en un temps record : au lieu des 45 minutes de trajet, huit petites minutes suffiraient. « Avec un billet à 15 euros, il serait possible de mettre en place ce transport innovant d’ici cinq à dix ans », promet Christian Brodhag. Alors pourquoi s’interdire de rêver d’un Paris-Marseille aussi rapide qu’un Paris-Fontainebleau ?

Une constante dans ces innovations : au-delà même des avancées en termes d’expérience et de sécurité du passager, le transport de demain est irrémédiablement propre. Autonomie des véhicules, auto partage, relance du secteur ferroviaire, intelligence artificielle appliquée au désengorgement des axes de circulation… Toutes ces technologies n’ont jamais autant de sens que lorsqu’elles s’appliquent à réduire collectivement notre empreinte écologique, qui demeure à 42 % due aux transports en France en 2014, pour inscrire enfin les mobilités, même urbaines, dans le respect de notre écosystème.

En savoir plus : NUMA


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