Une nouvelle cohorte de futurs entrepreneurs en technologie diplômés des LCR

28th November 2019
Posted By : Victoria Chercasova
 Une nouvelle cohorte de futurs entrepreneurs en technologie diplômés des LCR

C’était l’heure du pitch final pour la cinquième édition du programme d’accélération du Central Research Laboratory (CRL). Celui-ci s’est imposé comme un poids lourd dans le domaine du dynamisme entrepreneurial et de l’innovation technologique. Ce n’était pas la première fois que j’assistais, depuis quelques années, à cette clôture de programme baptisée « Demo Day », et j'ai eu par conséquent la chance de rencontrer des startups  époustouflantes.

Marcus Shepherd, CFO de U+I, l'organisation responsable de la mise en œuvre du projet CRL, a pris la parole avant le lancement des présentations des entreprises. Il a rappellé sa vocation au sein d’un groupe immobilier soucieux du développement économique des jeunes pousses. Sa vision consiste à réinventer les sites laissés à l’abandon, afin d’améliorer le cadre de vie du voisinage et de redynamiser les territoires. Basée dans l’ancienne usine de pressage de vinyle d’EMI à Hayes (Londres), la société CRL bénéficie d’un héritage presque sans égal en ce qui concerne la progression de la technologie. Quelques années auparavant, de brillants ingénieurs développaient des innovations mondiales devenues phares comme le son stéréo, la télé HD et la tomodensitométrie. Aujourd’hui, en partenariat avec l’Université de Brunel, U+I invite une toute nouvelle génération d'entrepreneurs à reprendre le train de l’innovation en marche au sein du CRL. Marcus Shepherd en a aussi profité pour confirmer la construction d’un second site sur la côte sud. Ce projet se déroule en collaboration avec l’Université de Brighton.

Première entrepreneure à monter sur scène : Lauren Bell. Diplômée de l’Université de Brunel en conception de produits, elle a longtemps souffert d’eczéma et a voulu trouver une solution inédite pour calmer les symptômes de cette maladie de peau. Les estimations suggèrent que près d’un enfant sur cinq au Royaume-Uni souffrirait aujourd’hui d’eczéma, un chiffre qui a explosé ces dernières décennies (en raison de la pollution et des additifs que l’on trouve dans l’alimentation). Pour aider les enfants à soulager l’inconfort lié à cette maladie, Lauren a mis au point la solution Cosi Care. Elle cible le moment où la sensation de démangeaison se fait sentir. C’est à cet instant précis que les enfants commencent à se gratter voire à s’écorcher la peau (comportement qui à terme peut entraîner des risques d’infections et de cicatrices permanentes). S’appuyant sur une technologie en attente de brevet, Cosi Care qui, à première vue, ressemble à un jouet comme un autre, intègre un mécanisme de refroidissement à effet Peltier. Une fois activé, le système de refroidissement réduit progressivement la température de 5 °C et se maintient à ce niveau de température pendant un bref moment. L’enfant est soulagé. Une surface en métal texturée permet également aux enfants d’apaiser l’inconfort quand ils ressentent des démangeaisons, sans risque de se blesser. L’appareil peut fournir quinze périodes d’apaisement entre deux recharges. Contrairement aux solutions médicamenteuses orales ou pour applications cutanées, dont le temps d’action est souvent long, et qui peuvent s’avérer coûteuses, Cosi Care a l’avantage de proposer un remède immédiat contre les sensations d’inconfort. La solution est durable dans le temps. Un modèle de gamme inférieure dont la structure de base est identique, est disponible. Contrairement à la version classique qui utilise le système Peltier, l’appareil contient un pack de glace qui doit être remplacé toutes les huit heures. Dernièrement, Lauren a remporté le prix du Jeune entrepreneur de Santander. Elle travaille actuellement sur le développement de versions miniatures destinées à des publics plus âgés (adolescents et adultes). Après avoir obtenu un financement par subvention, elle cherche aujourd’hui à obtenir le soutien d’une SCR.

La relaxation est un marché porteur. Et nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir dégager du temps pour nous détendre. En écho à cette tendance, Moment Pebble  a été conçu pour éviter l’accumulation de stress au quotidien en nous incitant à ralentir le rythme au fil de la journée. Les solutions actuelles axées sur la pleine conscience sont souvent proposées sous forme d’applications et nécessitent donc l’utilisation du téléphone. Malheureusement, cette approche semble contre-productive puisque c’est l’utilisation trop fréquente de cet appareil qui contribuerait à l’épuisement mental. Il fallait donc une alternative plus logique pour combattre le problème du stress. Exposé à des niveaux de stress intenses, Alex Strang, co-inventeur de cette solution, a observé que le recours à un produit matériel et facilement transportable donne de meilleurs résultats chez les personnes qui souhaitent prendre des pauses. Le Moment Pebble aide l’utilisateur à focaliser son attention sur un élément extérieur, ce qui apaise l’esprit. Lorsque vous le sortez de votre poche (ou de votre porte-monnaie), et que vous retournez l’objet pour le mettre en marche, des effets lumineux discrets s’affichent et viennent animer un moment de respiration en pleine conscience de 30 secondes. L’objet affiche une autonomie de deux semaines. Il peut être ensuite rechargé via une connexion sans fil en le posant sur un socle de chargement dédié. Une campagne Kickstarter a été lancée à la fin du mois d’avril.

Passionnée de VTT, Dorota Grabkowska est consciente des risques que son sport peut impliquer. Au cours de sa présentation, l’athlète amateure a indiqué que si 9 vététistes sur 10 ne montent jamais sur leur vélo sans casque, ils sont seulement 2 sur 10 à porter un gilet ou une dorsale de protection. Ce décalage s’explique principalement par le fait que la plupart des produits disponibles sur le marché sont lourds à porter et limitent le sportif dans ses mouvements. À l’inverse, les modèles plus légers et confortables ne sont pas assez efficaces. S’appuyant sur dix années d’expérience avancée en modélisation 3D, Dorota a imaginé le gilet de protection HeroSkin  en collaboration avec une équipe de scientifiques des matériaux. Cette innovation lui a également valu le soutien du réseau de transfert de connaissances « Knowledge Transfer Network » (KTN). Spécialement destiné au marché du VTT, mais avec des opportunités déjà reconnues sur les marchés du ski, des arts martiaux et d’une variété de sports de contact, HeroSkin est une solution de protection polyvalente et dont la structure est respirante. Délaissant les gros blocs de mousse que l’on retrouve habituellement sur ce type de protections, le gilet HeroSkin est composé d’une couche de mousse fine alvéolaire (qui permet à l’air de mieux circuler et aussi d’évacuer la chaleur). Il contient également une structure en polymère plus rigide qui distribue l’énergie sur l’ensemble du gilet en cas d’impact. Le risque de blessure est ainsi réduit. 

Fruit du travail d’Alecia Esson, NxSteps se destine également au marché du sport. La solution recueille des données détaillées sur la manière dont nous courons ou marchons afin de nous aider à éviter de développer des pathologies musculosquelettiques au cours de notre vie. Associées à des données pertinentes reçues à partir de sources tierces, les semelles sensibles à la pression sont capables d’identifier certains troubles de la marche, optimiser la longueur des foulées, réduire l’impact au sol et améliorer la répartition du poids du corps. Bien que le marché cible soit déjà saturé, Alecia compte se démarquer en axant son produit sur son côté pratique et intuitif : les utilisateurs peuvent accéder à des ensembles de données et les comprendre facilement afin de trouver des solutions à mettre en place très rapidement. Son équipe est en ce moment en lice pour obtenir une bourse de 250 000 livres accordée par l’agence Innovate UK. 

Absents de la cérémonie, les membres de Stealthy, start-up issue de la catégorie FemTech, viennent d’avoir été retenues au sein de la cohorte actuelle du CRL. Fondée par Nadiya Siddique, entrepreneure diplômée de la London School of Economics, l’entreprise a pour mission d’aider les individus à lutter contre la déficience en vitamine D. Cette carence, causée par une alimentation déséquilibrée et un manque d’exposition au soleil, concerne de plus en plus de personnes. À terme, elle peut favoriser le développement de maladies physiques et mentales. Associant style et technologie, Una par Stealthy est une collection de bijoux équipés d’un capteur d’exposition aux UV dont l’objectif est de permettre aux personnes qui le portent de prendre conscience de leur déficit en vitamine D. Elles peuvent alors modifier leur mode de vie, en sortant à l’extérieur plus régulièrement par exemple, afin de combler l’éventuel déficit.

Contrairement aux éditions précédentes, l’électronique est la grande absente de cette cohorte. Parmi les lauréats, par exemple, il y a ce fabricant de chaussures à talons hauts qui propose des talons amovibles/interchangeables, ainsi qu’un fabricant d’articles de papeterie à la pointe de la technologie. Même si ces deux entreprises présentent des études de cas solides et semblent crédibles sur le plan commercial, en tant qu’électronicien, ce n’est pas exactement le genre de profil que j’aurais aimé trouver.

Créé par Connor Lascelles et Lottie Hawkins, Agile Planet est en passe de révolutionner le secteur horticole. Le duo d’entrepreneurs s’est donné comme mission d’aider les jardiniers à ne plus utiliser d’engrais chimiques qui finissent dans l’eau du robinet et qui contiendraient des substances cancérigènes. Grâce à Ember, un incinérateur bio, les propriétaires de potagers et de jardins vont pouvoir jardiner de manière plus efficace et respectueuse de l’environnement en transformant leurs déchets verts en Biochar. Cette substance affiche un bilan carbone négatif, multiplie le temps de pousse des plantes par deux et réduit de manière drastique les besoins en arrosage. Pour un jardin de taille modeste qui nécessiterait environ deux sacs d’engrais chimiques à l’année, un incinérateur Agile Planet peut facilement remplacer le recours à ce type de produit sur la même période au moins. L’entreprise se prépare à lancer une campagne de financement participatif à la fin de l’année. De son côté, le comité de sélection du CRL étudie actuellement les dossiers de candidatures pour la sixième saison de sa cohorte. Nous attendons avec impatience de voir ce que nous réserve le prochain cru de ces startups toujours plus innovantes.

 


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